Reeves Gabrels : le guitariste de l'ombre de Bowie et The Cure

Le savez-vous ?

Avec quel légendaire chanteur britannique Reeves Gabrels a-t-il travaillé de 1987 à 1999 ?

Avec David Bowie. Leur collaboration commence en 1987, se poursuit au sein du groupe Tin Machine, puis sur les albums solo de Bowie comme Earthling et Hours, jusqu'en 1999.

Dans quelle ville américaine Reeves Gabrels a-t-il posé ses valises depuis 2006 ?

À Nashville, dans le Tennessee. C'est le port d'attache de son groupe Reeves Gabrels & His Imaginary Friends, formé autour de 2007.

Pour quelle distinction Reeves Gabrels a-t-il été honoré en 2019 ?

Il a été intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en tant que membre de The Cure, groupe qu'il a rejoint officiellement en 2012.

La chaîne Reverb revient sur Reeves Gabrels et son travail d'écriture avec David Bowie, le 25 juillet 2018.

Reeves Gabrels est le guitariste américain qui a façonné une partie du son de David Bowie entre 1987 et 1999, avant de devenir un membre à part entière de The Cure à partir de 2012. Né en 1956 à New York, ce musicien formé au jazz reste peu connu du grand public alors qu'il a coproduit des albums majeurs comme Earthling (1997) et signé une chanson, Dead Man Walking, nommée aux Grammy Awards. Son actualité tient à la place qu'il occupe désormais aux côtés de Robert Smith, notamment sur Songs of a Lost World, l'album de The Cure paru en 2024. Portrait d'un guitariste de l'ombre qui, de Tin Machine à Nashville, a toujours préféré le service de la chanson à la lumière des projecteurs.

Qui est Reeves Gabrels avant sa rencontre avec David Bowie ?

Reeves Gabrels naît le 4 juin 1956 à Staten Island, à New York. Fils de Claire, dactylographe, et de Carl Winston Gabrels, matelot sur les remorqueurs du port de New York, il commence la guitare à treize ans. Son père l'inscrit rapidement aux cours de Turk Van Lake, un musicien professionnel qui a accompagné Benny Goodman.

Après le lycée, Gabrels fréquente la Parsons School of Design puis la School of Visual Arts de New York, un passage par les arts visuels qui nourrira plus tard son goût pour la couleur sonore. La musique finit par prendre le dessus. Il devient l'élève du guitariste de jazz John Scofield, qui l'encourage à s'installer à Boston pour intégrer la prestigieuse Berklee School of Music. Il quitte l'école sans diplôme en 1981, tout en reconnaissant plus tard l'apport de ces années. Durant la décennie 1980, il enchaîne les groupes de la scène de Boston, de The Dark à Life On Earth, en passant par The Bentmen et Modern Farmer, formation avec laquelle il publie l'album Hard Row to Hoe en 1993. Comme d'autres artisans discrets, il bâtit alors un savoir-faire loin des projecteurs.

Comment Reeves Gabrels est-il devenu le guitariste de David Bowie ?

Reeves Gabrels et David Bowie se rencontrent en 1987, lors d'une tournée de Bowie dont Sara Terry, alors épouse de Gabrels, est l'attachée de presse. Leur premier travail commun est une réinvention de la chanson Look Back in Anger, présentée en 1988 lors d'un concert caritatif pour l'Institut des arts contemporains de Londres. Le morceau, porté à sept minutes et demie contre trois à l'origine, séduit Bowie : « J'aime le mur de guitare incisif que nous y mettons », déclare le chanteur dans une interview filmée. La chanson d'origine avait été coécrite avec Brian Eno pour l'album Lodger, en 1979.

De cette complicité naît Tin Machine, groupe de rock où Gabrels côtoie les frères Hunt et Tony Sales, une paire rythmique aguerrie. La formation publie Tin Machine en 1989 puis Tin Machine II en 1991, avant un album live en 1992. Loin d'un simple accompagnateur, Gabrels agit comme un partenaire créatif, un rôle d'artisan de coulisses que peu de spectateurs identifient sur le moment, tant la musique du groupe brouille les repères habituels du rock de stade.

Qu'a apporté Reeves Gabrels au son de David Bowie dans les années 1990 ?

Reeves Gabrels devient une pièce essentielle du son de David Bowie dans la décennie 1990. On l'entend sur Outside (1995), puis sur Earthling (1997) et Hours (1999), deux albums qu'il coproduit. Sa chanson Dead Man Walking, cosignée avec Bowie et parue sur Earthling, décroche une nomination aux Grammy Awards. Le duo compose aussi la bande-son du jeu vidéo Omikron: The Nomad Soul en 1999.

La presse spécialisée salue une approche radicale : Gabrels a été décrit comme l'un des improvisateurs les plus audacieux depuis Jimi Hendrix. Le critique Andy Ellis, dans Guitar Player en 2005, notait sa capacité à avancer « comme personne d'autre sur une fine ligne entre structure de chanson et sonorités imprévisibles ». Adepte des guitares Steinberger, Parker Fly et Fernandes, il cherche moins la virtuosité démonstrative que la texture juste, préférant souvent des luthiers peu connus pour créer des sons libres de toute référence. Sa collaboration avec Bowie s'achève fin 1999, leur dernière apparition scénique commune ayant lieu la même année pour l'émission VH1 Storytellers. Cette réinvention permanente rappelle celle d'autres figures des années 1990 et 2000.

Comment Reeves Gabrels a-t-il rejoint The Cure ?

Reeves Gabrels rencontre Robert Smith le 9 janvier 1997, au Madison Square Garden de New York, lors du concert marquant le cinquantième anniversaire de David Bowie. Gabrels en est le directeur musical, et Smith figure parmi les invités triés sur le volet. Quelques mois plus tard, le leader de The Cure l'appelle pour enregistrer Wrong Number, single paru fin 1997 sur la compilation Galore. Gabrels multiplie ensuite les apparitions sur scène avec le groupe lors de la tournée de 1997. En 1998, les deux hommes montent le projet COGASM avec le batteur Jason Cooper, pour le film Orgazmo.

Le lien ne se rompt plus. En 2012, Gabrels accompagne The Cure sur la tournée Summercure, avant d'en devenir un membre officiel. En 2019, il est intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en tant que membre du groupe, une consécration que connaissent peu de musiciens restés dans l'ombre. Sa signature se retrouve sur Songs of a Lost World, l'album acclamé de The Cure sorti en 2024, à la façon d'une voix discrète mais reconnaissable, loin des grandes premières parties qui exposent d'autres artistes.

Que représente son groupe Reeves Gabrels & His Imaginary Friends ?

Reeves Gabrels & His Imaginary Friends est le projet personnel dans lequel le guitariste devient aussi chanteur et compositeur principal. Le groupe se forme à Nashville, dans le Tennessee, autour de 2007, peu après son départ de Los Angeles. Le trio réunit longtemps Gabrels, Kevin Hornback à la basse et Jeff Brown à la batterie, avant l'arrivée de Marc Pisapia. Le groupe se produit souvent au Family Wash de Nashville et tourne jusqu'en Angleterre en 2014, avant que l'album éponyme ne paraisse en janvier 2015.

Ce groupe prolonge une œuvre solo entamée dès les années 1990 : The Sacred Squall of Now (1995), Ulysses (Della Notte) (2000) et Rockonica (2005). Sur Ulysses, la chanson Jewel réunit les voix et instruments de David Bowie, Dave Grohl et Frank Black. En affirmant son indépendance artistique à Nashville, Gabrels ressemble à ces artistes longtemps rangés dans l'ombre d'un nom plus célèbre, qui finissent par tracer leur propre route, à l'image d'un retour patient sur le devant de la scène.

Pourquoi Reeves Gabrels reste-t-il un musicien de l'ombre reconnu ?

Reeves Gabrels reste un musicien de l'ombre parce qu'il a toujours mis son jeu au service des autres plutôt que de sa propre notoriété. En près de quarante ans de carrière, ce profil discret a croisé un nombre impressionnant de noms : les Rolling Stones, Ozzy Osbourne, ou encore Public Enemy, avec qui il collabore sur la bande-son du film He Got Game de Spike Lee. Il a aussi enregistré des albums en duo, comme Night in Amnesia avec David Tronzo en 1995 ou Fantastic Guitars avec le Britannique Bill Nelson en 2014, et signé une partie de la musique du jeu vidéo Deus Ex. Depuis 2008, il développe même une série de guitares signature avec la marque Reverend, dont la Spacehawk présentée au salon NAMM en 2014.

Sa fidélité aux clubs de Nashville, du Family Wash au 5 Spot, dit tout d'un artiste qui préfère la scène intime aux grandes lumières. Comme d'autres talents longtemps méconnus du public français, Gabrels incarne cette catégorie de figures cultes que l'on redécouvre à la faveur d'une actualité, ici le succès de The Cure. Un guitariste rare, dont la trace se lit dans le son de deux monuments du rock.

Questions fréquentes

Qui est Reeves Gabrels ?

Reeves Gabrels est un guitariste, compositeur et producteur américain né le 4 juin 1956 à New York. Formé au jazz auprès de John Scofield et passé par la Berklee School of Music de Boston, il s'est fait connaître dans le milieu du rock en devenant le guitariste de David Bowie de 1987 à 1999, d'abord au sein de Tin Machine. Depuis 2012, il est membre officiel du groupe britannique The Cure. Il mène en parallèle son propre groupe, Reeves Gabrels & His Imaginary Friends, basé à Nashville.

Quel a été le rôle de Reeves Gabrels auprès de David Bowie ?

Reeves Gabrels a été un partenaire créatif central du son de David Bowie dans les années 1990. Leur collaboration démarre en 1987 et se concrétise avec le groupe Tin Machine, puis sur les albums solo de Bowie : Outside en 1995, Earthling en 1997 et Hours en 1999, ces deux derniers coproduits par Gabrels. Leur chanson Dead Man Walking a été nommée aux Grammy Awards. Le duo a aussi composé la bande-son du jeu vidéo Omikron: The Nomad Soul. Leur collaboration s'est achevée à la fin de l'année 1999.

Reeves Gabrels fait-il vraiment partie de The Cure ?

Oui. Reeves Gabrels a rencontré Robert Smith en 1997, lors du concert des cinquante ans de David Bowie au Madison Square Garden. Après plusieurs collaborations, il accompagne The Cure sur scène à partir de la tournée Summercure en 2012, puis en devient un membre officiel. En 2019, il est intronisé au Rock and Roll Hall of Fame avec le groupe. On entend son travail sur Songs of a Lost World, l'album de The Cure paru en 2024. Il reste donc, aujourd'hui encore, le guitariste attitré de la formation.

Sources

  1. Wikipédia, article « Reeves Gabrels », consulté en 2026.
  2. Reverb, interview vidéo « Reeves Gabrels on Songwriting with David Bowie », 2018.
  3. Andy Ellis, Guitar Player, critique de l'album « Rockonica », 2005.
  4. Rock and Roll Hall of Fame, promotion de The Cure, 2019.