La femme et sa beauté à travers les âges

Aphrodite  est la Déesse Grecque de la Germination, de l'Amour, des Plaisirs et de la Beauté. On peut distinguer deux conceptions différentes d'Aphrodite : celle du plaisir de la chair, plus « terrienne » en quelque sorte, et celle de l'amour spirituel, pure et chaste dans sa beauté.

La beauté féminine est une évidence et un mystère tout à la fois. Dans notre société contemporaine, le culte de la beauté féminine s’érige en dogme sociétal. La beauté du corps obsède le commun des mortels, concrétise les stars, crée richesse et notoriété et désespère ceux qui n’ont pas tiré le gros lot. La beauté : que ne ferait-on pas pour la posséder, la maîtriser ou seulement l’approcher? Certes, au fil du temps, les canons de beauté féminins ont bien évolués. Selon les époques, le corps des femmes doit être filiforme, épuré; ou, au contraire, costaud, voire grassouillet. Tantôt, on le veut parfumé, maquillé et refait; tantôt on le souhaite au naturel, sans artifice ni retouche. La femme des Années folles n’est certainement pas celle de la Renaissance, tandis que la précieuse de l’époque des Lumières ne ressemble en rien au mannequin d’aujourd’hui. Et pourtant, à travers les époques, il y a des constances, des obsessions, des mythes récurrents. La belle égyptienne de l’Antiquité a des traits similaires aux graciles silhouettes juvéniles que l’on voit dans les médias d’aujourd’hui. La beauté serait-elle universelle et intemporelle?

Il n’y a  rien de plus culturel que la beauté physique. La forme des corps que l'on peut analyser au fil des époques et des cultures au travers des représentations qu'en ont faites les artistes est une formidable source d'enseignements tant sur les critères esthétiques et académiques que sur les conditions sociales et économiques de l'époque. Cette observation souligne l'importance de la pression environnementale sur l'évolution des morphologies : la disponibilité de la nourriture et la nécessité ou non d'une activité physique ont largement conditionné à travers les âges et les cultures non seulement le morpho-type de la population, mais aussi les canons de la beauté académique.

L’histoire s’inscrit dans les corps féminins. Du sourire contenu de la Joconde à la démarche dynamique de la Parisienne du XIXe siècle, l’histoire de la beauté physique reflète une lente conquête. Ainsi, il est intéressant d'analyser les multiples étapes historiques – sociologiques qui mènent jusqu'à nous. Les rares représentations du corps féminin durant la préhistoire montrent des silhouettes épanouies symbolisant une nourriture profuse et une promesse de fécondité, les deux étant liées. Durant l'Antiquité, les femmes sont harmonieusement proportionnées; les statues antiques nous les montrent élancées, sportives, avec des fesses rondes et une poitrine en proportion. Leurs hanches larges marquent leur fécondité qui ne se traduit pas par un excès pondéral.

Le corps des femmes médiévales représentées est émacié, désincarné, sans vie réelle. Les saintes étaient souvent de grandes anorexiques. À la Renaissance, les règles théologiques s'assouplissent et la philosophie antique revient à l'honneur. Les canons de beauté du corps féminin évoluent parallèlement : la femme doit être jeune, belle et saine pour pourvoir aux besoins de fécondité et de perpétuation de l'espèce. Le visage (si possible d’un ovale parfait, couleur de rose ou de lis), la gorge (pas trop lourde  mais censée souligner l’amincissement vers le bas), les mains (petites et minces), sont les critères par excellence de l’évaluation de la beauté féminine à cette époque, où la femme devient la beauté, magnifié par peintres et poètes. La peau doit être blanche, car le bronzage est une caractéristique associée aux pauvres travaillant en plein air. Aux XVIIe et XVIIIe siècle, les rondeurs sont à la mode. De nombreux peintres aiment à peindre des femmes épanouies aux attitudes très sensuelles. Les transformations du régime alimentaire permises par les révolutions agricoles et l'industrialisation vont se répercuter sur les morphologies. Le corps bien nourri des femmes signe la prospérité et ouvre des promesses de volupté.

La fin du XVIIIe voit l’apparition de l’engouement pour « l’efficacité des corps et du renforcement des santés » : marches de plein air, bain de mer, valorisation progressive de la gymnastique. Les préoccupations hygiénistes engendrent l’apparition de corps affermis et bientôt musclés. Au XIXe siècle les critères de la beauté féminine s’alignent autour de la silhouette du corps en entier dont courbes et cambrures doivent dévoiler la féminité : « Tout rentrer sauf les fesses et les seins ».

Ainsi, les vêtements doivent mettre en valeur les fesses et les seins en estompant le ventre; le corset étant conçu pour jouer ce rôle.

Le XXe siècle voit l’apparition du concept des vacances et avec lui toute une esthétique : corps épilés, bronzage incontournable et surtout dictature de la minceur. Le corset disparaît; le corps se dénude. Le contrôle de l'alimentation – et non plus son abondance – devient un signe de qualité.

Aujourd'hui, le modèle dominant est celui de la femme sportive, active et ultra-mince. La minceur est un signe de richesse, puisqu’elle est souvent le résultat d’une saine alimentation, de séances de gym, de loisirs et d’un certain niveau d’éducation qui vont de pair avec le niveau de vie. Les rondeurs sont devenues synonymes de laisser-aller, de perte de contrôle face à l'abondance alimentaire et de nourriture « bon marché ». En effet, la consommation débridée de nourriture n'est plus, comme auparavant ou ailleurs, un signe de bien-être social, mais un stigmate du mal-être. L’époque contemporaine est également marquée par « l’explosion brutale de l’industrie l’embellissement ». Les gammes de soins et de produits de beauté explosent et les chirurgies esthétiques permettent aux femmes de remodeler leur corps à leur guise. Le corps devient leur unique objet de désir ainsi que le support de leur identité. Il n’est pas étonnant alors de constater que la femme du XXIe siècle entretient avec la beauté une relation d’amour-haine.

Les critères de beauté n’évoluent pas seulement selon les époques, mais aussi selon les endroits du monde où l’on se trouve. La minceur n’est pas synonyme de beauté, elle accuse plutôt une maladie ou une malnutrition. En effet, dans la tradition africaine, des hanches fortes et une grosse poitrine sont des critères de féminité associés à la fécondité. En Mauritanie, on engraisse même les jeunes filles à marier car l’obésité est un critère de beauté ultime.

Mais au-delà des variations historiques et sociales, n’existerait-il pas tout de même des critères de beauté universels ?

L’opposition entre universalité et relativité de la beauté n’a rien d’irréductible. Bien que l’image des nus féminins que nous offrent la photographie, la peinture et la mode varie selon les modes et les époques, les proportions harmonieuses et les traits de visage réguliers sont généralement privilégiés. Si l’appréciation de la beauté varie bien selon les époques et les cultures, cette variation se fait autour de quelques « attracteurs esthétiques communes ».  Jamais l’on ne fera l’apologie de dents mal placées, de boutons disgracieux, de grimaces, de rides ou de tâches.

Résultat : rares sont les femmes qui se trouvent « belles ». Quand on leur demande de choisir l’adjectif qui décrit le mieux leur apparence, plus de la moitié des femmes choisissent des adjectifs neutres comme « naturelle », « dans la moyenne », « grosse » et très peu comme « belles ». L’uniformisation des canons de la beauté est le plus souvent imputée à l’influence des médias de masse. Les médias et la publicité ont défini des standards tellement irréalistes que la plupart des femmes ne pourront jamais les atteindre ». Pour cette raison, les trois quarts des femmes interrogées souhaitent que les médias mettent un peu moins l’accent sur le physique et fassent plus de place à des femmes qui ressemblent davantage aux vrais gens.

En revanche, nous avons peut-être tort de croire que les standards de la beauté sont devenus plus restrictifs avec le temps. S’ils ne l’étaient pas, la beauté cesserait d’être une chose rare, elle deviendrait une chose commune. Or, pour le sens commun, « tout ce qui est beau est rare ». Dès lors qu’une chose se banalise, on n'y fait plus guère attention, on la trouve parfaitement quelconque. C’est bien pourquoi, de toute éternité, les femmes ont dû souffrir pour être belles, tenter de se conformer à des standards souvent terriblement exigeants : les pieds bandés, les crinolines, les corsets, les colliers des femmes girafes, etc. Même les régimes minceur ne datent pas d’hier! Ce qui a changé, c’est que la beauté s’est démocratisée. En ouvrant à toutes les mêmes ambitions, sans donner à toutes les mêmes possibilités, la démocratisation a étendu le domaine de l’envie à tous et chacun. La beauté n’épargne pratiquement plus personne. Pour résister à la dictature de la beauté et réussir à s’aimer malgré tout, la femme d’aujourd’hui doit faire preuve d’une force de caractère inouïe. Heureusement, de nombreuses femmes sont de plus en plus conscientes de l’inutilité de vouloir ressembler aux stéréotypes véhiculés par les médias et des conséquences néfastes qui peuvent en résulter.

Il faut se rappeler que la vraie beauté, c’est aussi, et surtout, une question de charme, de charisme, de présence, d’énergie, d’aisance, de bien-être, de façon de penser et de percevoir les choses, bien plus que de beauté plastique, fragile et éphémère.

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