Détecter les troubles du spectre autistique grâce aux technologies de eye-tracking

Les troubles du spectre autistique permettent de détecter les différentes formes d'autisme et donc d'agir et travailler en conséquence. Ces troubles sont relativement variés et donc parfois difficiles à identifier et évaluer. Cependant, de nombreuses études ont montré que la difficulté des enfants à conserver et maintenir des contacts visuels lors de conversation pouvait être relevée comme un symptôme majeur de l'autisme.

En partant de ce constat, une équipe de chercheurs de l'Université du Vermont a effectué des tests de “eye-tracking” à partir de l'outil Skype pour voir quels mots pouvaient déclencher différentes réactions auprès de ces enfants.  Une des auteurs référent sur le sujet , Tiffany Hutchins, explique ainsi : “Lorsqu'un enfant atteint de troubles du spectre autistique s'engage avec moi dans une conversation, ils ne me regardent pas uniquement de manière passive, il détecte des signaux au niveau de mon ton, de ma manière de m'exprimer et d'agir pour pouvoir comprendre tout le sens de ce que je dis”.

Dans le cadre de cette étude, l'équipe de chercheur s'est intéressé à un panel de 18 enfants entre 6 et 12 ans présentant des troubles du spectre autistique et 19 autres enfants ne présentant pas ces troubles. À travers une conversation skype via une webcam et grâce à l'installation de l'outil de eye-tracking Mirametrix, les chercheurs ont pu mesurer de manière très précise les différents mouvements des yeux des enfants durant ces conversations et échanges.

Les différents sujets de conversation ont varié entre des tonalités neutres et d'autres émotives de manière à pouvoir identifier les changements d'interactions du regard en fonction des émotions ressenties. Come nous l'explique Tiffany Hutchins : “parler de sujet à charge émotionnelle est particulièrement compliqué pour les enfants attends de troubles du spectre autistique”.

Ainsi l'étude a pu démonter que lors du sujets déclenchant des émotions chez les enfants atteints de TSA, le regard avait pour particularité de se concentrer uniquement sur la bouche et non plus sur le visage de la personne qui parlait. Ainsi les émotions peuvent utiliser les mêmes parties du cerveau que celles utilisés pour les fonctions d'execution. Devoir ainsi agir à travers deux leviers sur ces mêmes fonctions est encore plus difficile pour un enfant présentant de troubles du spectre autistique.

Tiffany Hutchins explique ainsi : “c'est probablement le genre de situation durant lesquelles les gens avec moins de “capacités” se retrouvent encore plus démunis. Si je vous demande de parler d'émotions cela vous entraine à me regarder de manière moins fixe et soutenue et alors cela va vous faire manquer encore plus de signaux au sujet de ces émotions comme celles que je peux montrer avec mes yeux, mes sourcils ou autres. Ce n'est pas que ma bouche ne véhicule pas d'émotion mais durant ce genre de conversations ce type d'enfant va être amené à passer à côté d'encore plus d'informations”.

Si les recherches ont bien avancés, il reste encore énormément de chemin et celles-ci viennent surtout nous démontrer tout le potentiel que présentent certains outils technologiques et notamment au niveau du eye-tracking. Cela entrainera très certainement des changements utiles et efficaces dans les outils et techniques utilisés pas les médecins et spécialiste auprès de ce type d'enfants.

 

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