Cinéphile ou cinévore : qu’appelle t-on un passionné du cinéma?

La cinéphilie  désigne de nos jours un amour du cinéma, un engouement inconditionnel au 7ème Art, une dévoration boulimique des films. Mais cela n’a toujours pas été le cas. Revenons à l’origine de la cinéphilie pour pouvoir comprendre sa vraie définition et la comparer au sens commun qu’elle véhicule aujourd’hui.

«La cinéphilie fut une passion française, dévorante et exigeante.»  nous dit Antoine de Baecque dans son ouvrage  La cinéphilie : invention d’un regard, histoire d’une culture (1944-1968). Le terme est apparu dans les années 1910 en France et a commencé à se diffuser largement dans les milieux cinématographiques dans les années 20.

A l’origine, la cinéphilie désignait un mouvement culturel et intellectuel prônant l’aspect artistique du cinéma, qui fût considéré comme un simple divertissement vulgaire et populiste.  Après la 2ème guerre mondiale, les salles de cinéma ont connu leur plus grand essor et parallèlement une montée du mouvement cinéphile a été dessellée. Les Cinéphiles ont alors lancé la guerre contre les Technicistes. Les premiers considéraient le cinéma comme un art, une créativité libre et intellectuelle. Tandis que les seconds le considéraient comme une industrie régie par des règles strictes afin de générer le plus de cash possible.

Ce clivage se poursuit durant les années  suivantes, avec des précurseurs de plus en plus féroces, qui militent pour donner une place privilégiée au « cinéma d’auteur ». Ce cinéma, qui ne se plie pas aux règles de l’industrie cinématographique, où les films sont des œuvres d’art créées par le réalisateur, pour lui-même avant de le faire pour le public.

Parmi les figures qui ont marqué l’histoire de ce mouvement : on note Louis Delluc, André Bazin et François Truffaut. Tous ont milité pour donner le statut du 7ème art au cinéma, avec la propagation des revues cinématographiques, des ciné-clubs, des salles de cinéma d’auteur.  Des productions plus intellectuelles, des adaptations plus élitistes ont vu le jour et le cinéma fût promu au statut de l’art. Cette ère dorée dure jusqu’à l’année 1968, cette ère où la cinéphilie constituait une culture à part, une culture libre et désinvolte, ou chaque spectateur se devait d’être critique d’art.

Depuis, le terme s’est émancipé et revient, paradoxalement, à son sens étymologique pour décrire une grande passion pour le cinéma. Aujourd’hui on fait même l’amalgame entre cinévore et cinéphile.  La barre élitiste est tombée grâce notamment à internet, aujourd’hui tout le monde peut voir n’importe quel film, de n’importe quelle époque. N’importe qui peut aussi faire une critique, un commentaire ou même créer sa revue sur le net en quelques clics. La cinéphilie a laissé place à la « cinévorie »  ou le but est d’engloutir le plus de films possibles, la passion de la qualité est remplacée par l’addiction quantitative.

Pour finir la cinéphilie made in France a donné au 7ème art la place qu’il a aujourd’hui.
Comme quoi, la France et le cinéma est une vielle histoire d’amour. Considéré comme le temple du grand écran, ce pays organise à lui seul plus de 60% de festivals de cinéma en Europe.

Mais que vous soyez un cinéphile ou un simple cinévore, watamoovie.com vous permet de dénicher les perles rares, les films cultes ou tout simplement le film qui fera le bonheur de votre soirée.

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