Quel avenir pour la voiture hybride ?

Bien qu’elle fasse parler d’elle, on la voit peu sur les routes. Les constructeurs de la voiture « verte » n’ont toujours pas atteint leurs objectifs de ventes. S’ils ont investi des millions de dollars et ont lancé en grande pompe leurs nouveaux modèles, le public, quant à lui, n’est pas toujours au rendez-vous, même en Europe.

Économe à vitesse modérée en ville, l’hybride l’est moins sur les autoroutes où c’est  le moteur thermique qui généralement fera rouler le véhicule. En fait, le manque d’infrastructures inquiète les clients potentiels parce que les projets de bornes électriques, trop éparpillés, réduisent les chances d’économiser de l’essence. Les hybrides sont aussi plus chères, il faut s’attendre à débourser pour le moment de 5 à 10 000 dollars de plus qu’un modèle classique.

À moyen et long terme, la voiture hybride est pourtant incontournable. Commercialisée à plus grande échelle, elle permettra une efficacité énergétique sans précédent.  Probable que ce n’est pas tant les préoccupations environnementales que la hausse du prix du pétrole qui a propulsé le concept. Et la motorisation des pays émergents allant croissante va entraîner une plus grande demande en pétrole; son prix n’est donc pas prêt de baisser.

L’hybride donnant le meilleur d’elle-même en milieu urbain, on compte sur les villes pour augmenter le nombre de bornes de rechange et investir dans leur efficacité : à ce titre, la Californie donne l’exemple en implantant cette année 1000 bornes de niveau 3 (480V), offrant une recharge de 80 km en 15 minutes. Bien que ces stations de rechange ultraperformantes soient coûteuses, elles représentent un investissement judicieux à long terme.

Sur la mécanique hybride

Pour qui suit une formation mécanique automobile, le cours qui traite des techniques d’entretien et de réparations propres aux hybrides est encore absent de la formation professionnelle au Québec. Mais tôt ou tard, beaucoup sont d’avis qu’on devra intégrer au cursus un cours spécifique concernant les technologies vertes.

Craig Van Batenburg, fondateur et propriétaire d’Automotive Career Development Center au Massachusetts est de cet avis. Ce monsieur forme des techniciens automobiles pour diagnostiquer, entretenir et réparer des véhicules hybrides depuis l'an 2000. Son conseil aux élèves qui font un cours en mécanique automobile :   « Il vous faudra en apprendre de plus en plus en électronique sinon vous en tenir à de moins en moins de travail. Ceux qui aiment la technologie et qui considèrent poursuivre leur formation en électronique, apprécient de plus en plus cet univers et prennent plaisir à relever ces défis. »

Si l’entretien d’une voiture hybride est relativement simple – même qu’elle contient moins de pièces qu’un modèle classique, au plan des réparations à faire, ça se corse du fait que les systèmes électriques sont relativement nouveaux et que tout le groupe motopropulseur fonctionne avec des composantes électroniques.

« Le véhicule hybride représente le plus important changement dans l'industrie automobile depuis 100 ans » affirme Van Batenburg. Il ajoute : « Le phénomène le plus important de l'hybride est qu'il est annonciateur de l'électrique […] Les systèmes hybrides ont modifié presque tous les éléments d'un véhicule, dit-il. Le moteur à essence s'éteint quand il arrive à un arrêt. Cela change diamétralement la façon de diagnostiquer et réparer. Les transmissions ont maintenant des moteurs incorporés. Le voltage requis est beaucoup plus élevé. Les freins semblent similaires mais leur gestion est réglée par ordinateur. La direction assistée électrique est devenue de série. Comme sur de nombreux véhicules, de toute façon… »

Il pense que les hybrides et autres électriques formeront la majeure partie du parc automobile nord-américain dans le futur.

Contactez dès aujourd’hui l’École de l’automobile pour en apprendre plus sur les DEP en mécanique automobile.

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