Les reseaux sociaux et la vie privée

Paroles de parents:

« Je trouve que les jeunes mettent trop de choses sur Facebook. Ça devient du voyeurisme. »

« Facebook, c'est l'étalage de sa vie privée. Dès qu'on rentre de vacances, les enfants se précipitent sur Facebook pour mettre leurs photos et montrer où ils sont allés. »

« Mes filles consacrent beaucoup d'énergie à leur image, leurs photos sur Facebook. »

Beaucoup de parents s'inquiètent de voir leurs enfants communiquer via Facebook et partager de nombreux aspects de leur vie personnelle. Ils y voient une menace pour la protection de leur vie privée. Pascal Minotte, psychothérapeute et chercheur à l'Institut Wallon pour la Santé Mentale (IWSM), explique que le concept d'« extimité » a été élaboré pour « désigner cette tendance actuelle à rendre publics des éléments cantonnés auparavant à la sphère privée ou intime. Les photos de vacances, le nouveau tatouage, l'échographie du bébé à venir puis ses premiers pas, le réveillon de Nouvel An avec les amis et les fêtes de Noël en famille… sont exposés sur Facebook, accessibles à nos contacts, voire à tout qui passe par là(1) ».

La notion d'intimite évolue

Pascal Minotte observe « que les notions d'intimité et de vie privée ont connu des déclinaisons multiples au cours de l'histoire. Les récits de nos grands-parents nous laissent imaginer un rapport à l'intimité différent de celui que nous avons nous-mêmes connu, lui-même en décalage par rapport à ce que nos petits-enfants connaîtront ». Se référant aux travaux de Danah Boyd, chercheuse en sociologie des médias, il relève que « la notion de vie privée n'est plus entendue de la même façon par les adultes et les adolescents. Les premiers la comprennent comme un droit à la confidentialité là où les seconds l'envisagent plutôt comme un droit de contrôle des informations les concernant, à savoir la possibilité de maîtriser ce qu'ils montrent ».

Un besoin de reconnaissance

Ce recours à l'extimité repose notamment sur un besoin de validation et de reconnaissance. « À l'heure où tout le monde est invité à trouver sa voie, à se construire une identité personnelle et à déterminer ce qu'il veut ou ne veut pas faire, les réseaux sociaux et les blogs sont logiquement sollicités dans ce sens. En effet, « pour savoir qui on est, il faut commencer par se découvrir », c'est-à-dire « à la fois se mettre à nu face aux autres et accéder à la connaissance de soi »(2). Ces deux attitudes convergent dans ce que Serge Tisseron nomme « désir d'extimité »(3). À savoir le fait de divulguer des fragments de soi (pensées, photos, vidéos), dont la valeur est encore incertaine, afin de les faire valider par son entourage, ou par les réactions d'autres internautes. Bien que les adolescents ne soient pas les seuls à chercher cette reconnaissance, ils sont tout particulièrement concernés par cette quête identitaire ».

De nouvelles règles sociales

Mais cette recherche d' « extimité » est-elle renforcée par les nouvelles technologies ? Serge Tisseron ne le pense pas. Pour lui, Internet facilite seulement son expression. « Le désir d'extimité est inséparable de la quête relationnelle. Sa valorisation est en train d'organiser de nouvelles règles sociales, qui ne sont pas plus dangereuses que les précédentes. Nous devrons juste apprendre à les connaître » (4).

Et la vie privée des autres ?

L'autre aspect des questions qui concernent la vie privée, c'est le respect de l'intimité de ses proches : familles, amis ou connaissances. Avant de diffuser des photos ou des informations qui les concernent, il faut s'assurer qu'elles ne vont pas leur nuire et trouver le bon équilibre entre respect de la vie privée et liberté d'expression.Plusieurs Agence existent pour vous aider a gerer ce genre de situation a probleme comme la societe Clearprofil.com jeune start-up française pleine de promesse.

Paroles de parents:

« Je retrouve plein de photos de ma fille sur Facebook : en classes vertes, en vacances, en week-end scout, sur la photo de classe, avec identification de son nom. Mais, honnêtement, je n'ai rien vu de grave. »

« Quand ma fille me dit que 25 personnes ont apprécié sa photo sur Facebook, je me rends compte que ça la rassure. »

« J'ai une filleule qui s'est mise en maillot de bain dans sa chambre et s'est prise en photo en prenant des poses. Elle a mis ces photos sur Facebook. Ces photos sont destinées aux copines, qui lui disent ‘Qu'est-ce que tu es belle'. Et il faut reconnaître qu'elle est bien dans sa peau. ».

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