Comment la TVA fonctionne-t-elle ? Combien cela me coûte-t-il ?

La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est une des ressources les plus significatives du budget de l’État. Presque tous les professionnels y sont assujettis, et donc deviennent, dès leur immatriculation, des collecteurs d’impôt pour le compte de Bercy.

Quelques activités ne sont pas concernées par la TVA : activité financière pure, civile, médicale par exemple. Certains contribuables, du fait du montant assez faible de leur chiffre d’affaires, ont la possibilité de ne pas se préoccuper de cette taxe : ce sont les auto-entrepreneurs et les entrepreneurs individuels ayant choisi le régime micro-entreprise.

Dès l’instant où la société est assujettie à la TVA, trois événements ont lieu : elle collecte de la TVA auprès de ses clients ; elle paie de la TVA à ses fournisseurs ; elle émet des déclarations auprès de l’admi- nistration fiscale.

Elle collecte de la TVA auprès de ses clients

Sur chacune de ses factures, la société ajoute, en plus du prix de sa prestation ou de ses livraisons de produits, le montant de la TVA, correspondant le plus souvent à 19,6 % du montant de la vente. Le client paie à la société le montant TTC.

Dans la comptabilité de la société, il est possible d’identifier le montant de la TVA qui a été facturé et éventuellement payé par les clients ; celui-ci devra être remboursé à l’État.

Elle paie de la TVA à ses fournisseurs

La société reçoit des factures de ses fournisseurs, qui mentionnent le montant HT et la TVA en sus. Elle paie le montant TTC.

Dans sa comptabilité, il est possible d’isoler le montant de TVA qu’elle a payé à l’ensemble de ses fournisseurs sur une période donnée ; celui-ci peut être demandé en remboursement à l’administration fiscale.

Toutefois, certaines opérations ne donnent pas lieu à récupération de la TVA.

Elle émet des déclarations auprès de l’administration fiscale

De manière régulière, l’administration demande à ses contribuables assujettis à la TVA de solder leur position vis-à-vis de Bercy : ce sont les fameuses déclarations de TVA à produire. Tous les mois ou trimestres, par des acomptes forfaitaires ou en produisant un calcul précis, il est demandé à l’entrepreneur de faire le calcul suivant : TVA collectée auprès des clients – TVA facturée par les fournisseurs = TVA à payer à Bercy.

Le grand principe de la TVA est qu’elle n’enrichit ni n’appauvrit personne. Le fait d’encaisser 19,6 % de plus que ses prestations vendues pour les reverser à l’administration n’est pas source de gain financier. Il en va de même pour la TVA payée aux fournisseurs, qui est remboursée.

Une conséquence est à noter : sur le compte bancaire de la structure, transitent des sommes qui n’appartiennent pas à la société ou à l’en- treprise individuelle ; le compte bancaire de la société ne peut donc traduire la réalité financière de l’entreprise à un instant donné. C’est une des raisons pour lesquelles on ne doit pas gérer une entreprise en fonction de son compte bancaire, mais bien à partir des données comp- tables ou d’un suivi manuel sur un tableur qui puisse isoler les dettes – ou créances – vis-à-vis de l’administration.

Conseil

La TVA n’est pas source d’enrichissement ni de coût pour l’entrepreneur. Il s’agit de collecter de la TVA en provenance de ses clients et de se faire rembourser celle payée à ses fournisseurs : le solde correspond à ce que l’entreprise déclare et paie (ou se fait rembourser).

La TVA « pollue » la vision de la trésorerie de l’entreprise : situation vis-à- vis de l’État à suivre avec précision (comptabilité ou analyse sur tableur).

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