La technologie Blockchain en Afrique

La technologie Blockchain pourrait avoir de nombreuses applications en Afrique dans le secteur financier. C’est du moins ce que pense Pierre Achach, expert en nouvelles technologies mais également grand connaisseur de l’Afrique.

Dans de nombreux secteurs économiques, il n’est pas nécessaire pour les pays en voie de développement de rattraper leur retard, mais il est possible aujourd’hui d’adopter la dernière technologie et de la mettre en œuvre. L’exemple le plus emblématique est celui du téléphone. Les pays africains ont quasiment tous renoncé à développer un réseau de télécommunication filaire pour adopter directement les réseaux mobiles. Ainsi dans un pays comme la République Démocratique du Congo, à Kinshasa, la capitale il y a 1000 lignes de téléphone fixe pour une population de 10 millions d’habitants, alors qu’il y a 10 millions de téléphone cellulaire, un taux de pénétration identique à celui de l’Europe.

Dans le domaine financier, Pierre Achach pense qu’une nouvelle technologie devrait permettre de réaliser ce leapfrog (saut de grenouille) en rendant possible d’installer en quelques jours un système bancaire dans un pays qui n’en a pas ou dans lequel il est très peu développé. Cette technologie c’est la blockchain.

Qu’est-ce que la BlockChain

La BlockChain doit être vue comme une chaîne d’informations inscrites dans un registre (le ledger). Ce registre contient des pages (les blocs), et il est modifié toutes les dix minutes par l’ajout de nouvelles informations. Tous les membres de la BlockChain peuvent lire le registre, et donc vérifier que les informations sont justes. Tous les membres peuvent ajouter des informations au registre. La sécurité absolue de cette technologie provient du fait que si un membre veut ajouter une information, elle devra être en accord avec les informations que contient le registre, car il le fera à la vue de tous les membres. Pour déjouer ce système, il faudrait que tous les membres approuvent une mauvaise information fausse, et donc modifient le ledger sur tous les ordinateurs du réseau. Ainsi la BlockChain est une base de données décentralisée et dupliquée sur des milliers d’ordinateurs, donc infalsifiable. C’est une technologie qui fonctionne avec des frais infimes comparée à ceux des bases de données actuelles.

Pour plus d’information sur la blockchain.

Le développement de M-pesa au Kenya montre à quel point, ces pays sont demandeurs de systèmes qui permettent de stocker un peu d’argent et de réaliser des paiements. La technologie blockchain qui à l’origine a été développé pour la monnaie virtuelle Bitcoin, pourrait avantageusement remplacer ces systèmes dans lesquels le rôle de la banque centrale est joué par les opérateurs téléphoniques. Les outils qui existent déjà et qui ont été développés pour le bitcoin, peuvent être facilement adaptés aux devises locales. Ainsi, le téléchargement d’une application (portefeuille et paiement) sur son smartphone remplace l’ouverture d’un compte dans une banque qui n’existe pas forcement, apporte souplesse et sécurité, et permet de faire ses achats en monnaie locale et non plus en unités téléphoniques.

Pierre Achach, qui a dirigé de nombreuses sociétés en Afrique, s’intéresse tout particulièrement à l’impact des nouvelles technologies sur le développement.

Plus d'infos sur la blockchain : Btcn.fr

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