Que se passerait-il si les abeilles disparaissaient ?

  • 50% de la population mondiale d’abeilles semble avoir disparu depuis 1990.
  • L’utilisation massive de pesticides et l’agriculture intensive sont en partie responsables de cette disparition.
  • Une extinction totale des abeilles provoquerait une diminution de la quantité de nourriture disponible, et ferait de nombreuses victimes.

En France, depuis 20 ans, la production de miel a été divisée par 2

Sachant que près d’un tiers de l’alimentation mondiale dépendrait de ces petites butineuses, l’effondrement de leur population inquiète la communauté scientifique. En cause, l’agriculture intensive et tous les pesticides qu’elle nécessite. En particulier les néonicotinoïdes, une classe de pesticides mortels à haute dose et qui modifient les capacités cognitives des abeilles à faible dose. Interdits depuis 2012 en Europe, ils continuent à faire des ravages dans les colonies d’abeilles du monde entier.

Mais les pesticides ne sont pas les seuls en cause dans le déclin des abeilles. La modification des paysages causée par l’agriculture intensive diminue la quantité de nourriture disponible pour les abeilles qui se retrouvent alors affamées. Enfin, le frelon asiatique, espèce invasive introduite par erreur sur le territoire, décime les ruches incapables de se défendre.

Certains apiculteurs peuvent accuser jusqu’à 90 % de pertes – loin des 5 à 10 % de mortalité généralement constatés dans les colonies d’abeilles.

Que se passerait-il si les abeilles venaient à mourir ?

L’Humanité ne disparaîtrait pas comme on pourrait l’imaginer, mais les conséquences seraient catastrophiques. D’après une étude parue en 2015, la mortalité mondiale augmenterait de 3% (soit près d’1,5 million de décès supplémentaires par an). En effet, la perte des abeilles provoquerait une diminution drastique de la pollinisation, et donc une réduction des récoltes de fruits et de légumes. Cela entraînerait une carence globale en vitamine A et B9, et donc une augmentation des risques de maladies cardiovasculaires et de cancers. Ces carences provoqueraient également des cécités et des malformations du système nerveux chez l’enfant.

Pas de fin du monde donc. Mais des conséquences humaines désastreuses, et un coût économique exorbitant. L’abeille est un des insectes pollinisateurs les plus efficaces, et 30% de notre alimentation a besoin de cette pollinisation pour être cultivée. Sans les abeilles, nous pouvons dire adieu aux carottes, au café, aux oranges, courgettes etc… Au final, ce sera presque la moitié des rayonnages de nos supermarchés qui seront vides.

Un tiers de l’alimentation mondiale dépend de la pollinisation. Sans abeilles, pas de tomates, de fraises, de courgettes…

Et ce n’est pas tout, les abeilles participent également à la pollinisation de la nourriture que nous utilisons pour engraisser le bétail. Donc la production de viande, de fromages et de lait serait également menacée. Si des stratagèmes coûteux et fastidieux existent (des Chinois pollinisent à la main des pommiers par exemple), les rendements sont bien inférieurs, et les fruits de moins bonne qualité.

L’agriculture intensive, la simplification des paysages, l’arrivée de pathogènes particulièrement virulents, mais aussi les nouvelles pratiques des apiculteurs affaiblissent les abeilles et contribuent aux dégâts constatés sur les colonies

Si la disparition des abeilles vous inquiète, ce dossier du CNRS explique point par point les causes de leur déclin. Mais attention, ce genre de lectures ne risque pas de vous rassurer…

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