Immobilier : les châteaux français impactés par la crise ?

La France des châteaux et propriétés en particulier et plus généralement l'immobilier a été très impacté  par la crise pour ne pas dire les crises, dont les fissures nées de la finance ont provoquées une déferlante sur l'économie occidentale qui s'est transformée en un phénoménal tsunami financier, emportant tout sur son passage : entreprises, immobilier et particuliers.

Liquidations, chômage, difficultés et précarités sont les maîtres mots de cette première décennie du XXIeme siècle.

C'est à partir de 2006 que les “choses” ont commencées par l'éclatement de la bulle internet dite des startup où dans l' indifférence générale les bourses occidentales des pays développés ont dévissées de plus de 35% pour atteindre en 2007, 2008 plus de 50% de pertes, à ce jour rien n' est remonté.

La crise de 2008 baptisée pudiquement Sub prime est encore le fait de la finance, alors même que nombre d'économistes et non des moindres à commencer par Joseph Stiglitz prix Nobel d'économie avaient averti Georges Busch qu'avec la méthode de titrisation telle que mise en place, véritable cocktail explosif, mélangeant actifs sains et actifs pourris, allait nous sauter à la gueule, c'est chose faite.

On pourrait encore parler de la spéculation sur les dettes souveraines qui ont finies de plomber l'économie déjà vacillante mais ce n'est pas le propos, le seul but étant ici d'expliquer le pourquoi du marche immobilier d'aujourd'hui et d'en dresser l'état des lieux.

Dans notre région Limousin, Quercy, Périgord, nous réalisions 70 à 80 % des ventes de châteaux, propriétés, manoirs et belles demeures avec les Anglo-saxons.La chute du dollar et de la livre par rapport à l'euro a fait baisser de façon drastique la vente de ces biens.Aujourd'hui, nous oscillons pour le différentiel euro dollar entre 30 et 35 % après avoir atteint jusqu'à 40 %, à cela s'ajoute la chute de plus de 50 % des portefeuilles, c'est donc pratiquement le double de dollars qu'il faut aujourd'hui à un américain pour acquérir un château en euro dans nos régions, conséquence, ils ne viennent plus.

Pour les Anglais, cela a été pire, la livre ayant été pendant des années au double quasiment du franc et de l'euro, ils ont émigré en France où les prix étaient moins élevés et où leur retraite doublait en franchissant la Manche. Cela a été beaucoup moins vrai lorsque la livre est passée sous l'euro et où l'on a vu nombre d'Anglais vendre et retourner au pays, cela va un petit peu mieux aujourd'hui mais c'est plus de 70 % des transactions en moins par rapport aux années fastes.

La perte de ces importants acheteurs a considérablement ralenti le marche et par voie de conséquence, fait baisser les prix. On peut estimer aujourd'hui, par rapport aux prix pratiqués par exemple en 2005, que ceux-ci ont baisse en moyenne de 35% voire un peu plus.

Le relèvement du plancher ISF n'a pas eu d'impact significatif sur la clientèle française dite aisée qui préfère aller acheter des châteaux ou propriétés à l'étranger pour éviter une surtaxation en France.

Par contre nous commençons à ressentir les effets négatifs de l'instauration de la nouvelle loi sur les plus values du 1er février 2012, en effet nombre de propriétaires de châteaux ou demeures de caractère désireux de vendre pour trouver plus grand ou plus petit, retirent aujourd'hui leurs affaires du marché, eu égard à un retour en arrière sur les plus values qui avaient été pourtant modifiées du fait de la paralysie qu'elles occasionnaient.

Nous revenons à la case départ en nous tirant une balle dans le pied, une nouvelle fois pour satisfaire au diktat des agences de notation que l'on prend pour le Bon Dieu alors même qu'elles n'avaient rien vu venir des crises successives émanant et baignant elles-même dans le marais de la finance et font supporter au citoyen lambda des crises qu'il n'a pas initié ni ne contrôle.

On peut en conclure que dans l'année 2012 le nombre des transactions et son corolaire l'investissement vont considérablement diminuer.

Il reste qu'au regard de la fragilité des monnaies, la pierre est encore dans le temps la valeur refuge la plus sûre car l'homme a et aura toujours à s'abriter quelque part.Pas de toit, pas de vie ou si peu.

Dominique Chassagne

www.francechateaupropriete.com

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