Questions à se poser lorsqu’un gérant est proche de la cessation de paiement

La cessation de paiement n’est pas une fin en soi pour une entreprise en difficulté et encore moins pour le gérant. Elle va entraîner l’intervention de tiers dans la gestion de l’entreprise : le tribunal de commerce, les salariés éventuels, un mandataire judiciaire ou un administrateur judiciaire, éventuellement un avocat, les créanciers. Enfin plus exactement, selon la situation de votre trésorerie, l’état de votre entreprise et son avenir possible, vous pouvez en tant que dirigeant perdre la main sur votre propre entreprise.

D’où la grosse différence entre redressement et liquidation judiciaire : la liquidation judiciaire impose le liquidateur à la place du gérant. Vous perdez donc tout pouvoir sur votre entreprise, sur ses comptes en banque ou chez le comptable ! Mais vous êtes responsable de tout ce qui s’est passé pour en arriver là, jusqu’à la clôture de la procédure.

Sur le plan de l’entreprise et de sa position de gérant : quoi penser en cas de liquidation proche ?

Il convient donc de vérifier plusieurs choses :

les comptes : sont-ils sincères ?
les dettes : n’a-t-on pas trop attendu avant de se déclarer en cessation de paiement ? n’a-t-on pas dépassé le total de l’actif (ce que doivent vos clients, ce que vaut le matériel ou les bâtiments, ce que vaut le fond de commerce)
les créanciers : les créanciers prioritaires (salariés, l’Etat) sont-ils nombreux ? le montant est-il important envers eux ?
les cautions : le cautionnement peut entraîner pour la caution de l’entreprise de désagréables conséquences. existent-ils des cautions personnelles ? si oui peut on faire en sorte de les annuler par la cession de l’actif, du crédit bail,du bail commercial ou par la renégociation avant la cessation de paiement ?
les conséquences personnelles : quels revenus ensuite ? endettement ou perte de domicile ?

Sur le plan plus personnel et humain de la liquidation d’entreprise

Dans tous les cas ne cédez pas à la panique mais pensez à vous car les salariés et autres créanciers sont plus protégés par la loi que vous. Ne voyez pas cela comme la conséquence de l’entrepreneuriat mais comme du risque inhérent à celui-ci. La liquidation judiciaire ou le redressement judiciaire sont tout à fait normaux dans la vie d’un entrepreneur ou d’une entreprise qui va de sa création à sa faillite – même si cela signifie sa fin sous cette forme.

Regardez aux USA ou dans bien d’autres pays : l’échec, s’il est source d’apprentissage, est bénéfique pour la création d’entreprise suivante. Pour certains c’est même une chance que l’entreprise soit en liquidation judiciaire, car l’exploitation aurait coûté au lieu de rapporter. Elle aurait coûté de l’argent mais aussi du stress, du temps. Et le temps c’est de l’argent, donc mieux vaut le consacrer à autre chose, n’est-ce pas ?
C’est aussi une question à vous poser : mieux vaut-il s’arrêter maintenant ou essayer de continuer vaille qui vaille ? La persévérance est parfois bénéfique, mais quand elle est dans l’erreur, sans changement, c’est la catastrophe assurée.

N’ayez crainte, même si l’entrepreneur est plus aidé pour la création que pour la liquidation, il existe quelques ressources informatives sur la liquidation pour démystifier tout ça.

Sidebar