Distinguer la graphologie de l’expertise en documents

Les examens de laboratoire d’un document manuscrit, imprimé ou numérisé, public ou privé, permettent souvent d’apporter  des réponses précises, incontestables, à certains problèmes  posés à propos des faux d’écrit, fausses signatures, faux documents, manipulés o contrefaits.  Il faut en effet distinguer la graphologie de l’expertise en écritures et documents.

La graphologie, ayant par but l’analyse de la personnalité et du caractère d’un individu par rapport à leur écriture, n’est pas une technique d’expertise en écriture, mais un outil, parfois très intéressant, de l’expert en écritures. Celui-ci à besoin d’une formation plus spécifique, plus scientifique, ainsi que d’un matériel de laboratoire supplémentaire.

La seconde catégorie, celle de l’expertise en documents, concerne la détection des fausses pièces d’identité et de falsifications de toute sorte, à partir de l´analyse physique et chimique des papiers, des encres, des champignons, etc. et s’effectue à l’aide d’appareil sophistiqués. (En savoir plus: www.criminalistique.fr).

Dans bien de dossiers portant sur des documents manuscrits, les spécialistes utilisant ces appareils au sein des laboratoires peuvent par exemple mettre en évidence des inscriptions effacées, caviardées, des corrections ou rajouts invisibles à l’œil nu, les différences entre deux encres ou entre deux stylos à bille apparemment similaires, et ce qu’on appelle les « foulages ».

 Mais une expertise en documents se déroule en plusieurs phases :

1.- L’EXAMEN DU PAPIER.

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, la fabrication du papier  était manuelle, la pâte à papier  étant constituée de fibres d’origine textile tels que le coton, le chanvre ou le lin qui, après triage, étaient lavées et pliées dans un bassin d’eau courante. Les chinois, quant à eux, utilisaient surtout des fibres de bambou, du riz, du chanvre, de la bourre de soie et du mûrier.

L’examen du papier pour confirmer ou no la date  des écrits ou des impressions qui figurent sur celui-ci n’est évidemment pas  suffisante. En effet, il peut arriver que des individus lavent chimiquement le papier des documents anciens sans valeur et qu’ils rédigent  ou impriment les textes désirés. (En savoir plus: http://criminalistique.fr/services/expertise-en-documents.html).

2.- L’ANALYSE DES ENCRE.

Dès le début de l’ère chrétienne et jusque vers la fin du XVIIIe siècle, les encres étaient à de fer et leur fabrication était très empirique. On découvre l’acide gallique en 1785, l’encre au tanin vers 1800. De nos jours, on parle surtout d’encre à composition synthétique.

C’est pour cela que l’analyse des encres devient prioritaire lors de l’expertise d’un document, car elle peut témoigner sur la date de l’écriture, et aussi à propos du fabricant, la date de commercialisation, etc.

3.- LES INSTRUMENTS À ÉCRIRE.

Chaque instrument et chaque individu laissent sa trace personnelle sur le papier lors de l’écriture. L’analyse à l’aide d’un stéréoscope et d’un microscope du trait graphique, permettent souvent d’identifier, ou d’aider à l’identification, des instruments à écrire, et parfois, des auteurs des graphismes.

Par ailleurs, la date de fabrication et commercialisation d’un outil d’écriture devient aussi très important au moment d’authentifier l’origine ou la date d’un document.

À l’heure actuelle, des nombreuses assurances, banques, entreprises et particuliers font appel de ce type d’analyse scientifiques dans le cadre d’escroqueries, des arnaques, des lettres anonymes ou de suicides, testaments olographes, imitation de signatures sur contrats, baux, reconnaissances de dettes, ou contrefaçon documentaires de toute sorte: faux billets de banque, faux chèques, cartes bancaires, fausses factures, fausses fiches de paie, quittances, livres de comptabilité manipulés, documents antidatés, etc.

Mais, malheureusement, au jour d’aujourd´hui, il n’existe pas une formation universitaire ciblée en matière de criminalistique documentaire en France, ce qui fait de la manipulation et contrefaçon documentaire une affaire très lucrative.

(En savoir plus : www.criminalistique.fr).

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