Qui fut le modèle qui posa pour la statue de la Liberté?

Et si l’on osait reparler du modèle vivant qui posa pour la Statue de la Liberté !
Lorsque l’on évoque la Statue de la Liberté, à New York,  l’on pense de suite à Frédéric Auguste Bartholdi, son inventeur, puis à Gustave Eiffel, pour la réalisation grandeur nature.
L’on s’interroge aussi, parfois, sur l'identité du modèle qui posa pour le sculpteur. & l’on trouve de site en site, de Wikipédia à la Fondation Bartholdi en passant par les émissions d’Europe 1, des hypothèses toutes basées sur des ouïe-dires, des possibilités, des anecdotes probables. Ainsi, le modèle aurait été :
. une charmante inconnue de la bourgeoisie nancéenne,
. une autre belle inconnue que l’on considéra slave, car elle aurait roulé les « R »,
. madame Bartholdi,
. Mme Isabelle Eugénie Boyer, veuve du milliardaire du monde de la couture, Isaac Singer.
Et l’on s’en arrête là ; si ce n’est qu’aucune ne semble satisfaisante.
Pourtant, une piste a été oubliée. Une piste qui ne mène pas chez la haute bourgeoisie, ni au fantasme de la belle inconnue, mais en Saône & Loire, chez la camériste de Mme Bartholdi. En plus clair, chez la femme de chambre : “la bonne”.
Si j’entends déjà quelques internautes s’esclaffer, se tordre de rire –  il est vrai que prétendre que la plus célèbre statue au monde, après Milo, aurait eu pour modèle la bonne de Mme Bartholdi est certes beaucoup moins romantique qu’agréer au fantasme de la belle femme issue des milieux les meilleurs.
Il faut donc enquêter !
Comme le laissent entendre l’enquête du journaliste Marcel Guillemeney dans le journal « L’Indépendant du Louhannais et du Jura »  en date du 1er juillet 1986, le complément apporté par un conseiller municipal de la mairie de Saillenard en Bresse (71580) ou le travail de L.Genevaux, historien amateur, résumé dans un article du Conseil Général (dont nous avons copie partielle), les époux Coulon-Guillemin auraient été plus que de simples domestiques au service des Bartholdi. Pour preuve, selon M.Guillemeney, une rente reconnue sur testament que les Bartholdi leur accordèrent, ainsi que de nombreuses maquettes.

Dans son article du 1er juillet 1986, le journaliste Marcel Guillemeney écrivait :
« Emile Coulon et tante Léonie – comme l'appellent encore aujourd'hui nièces et neveux nombreux à l'avoir bien connue ont vécu une fin d'existence au milieu de documents, portraits, maquettes, médailles, esquisses, objets personnels du statuaire, autant de souvenirs de la glorieuse épopée des Batholdi.
Ces souvenirs furent dispersés au feu des enchères, en 1940, lors du décès de tante Léonie. Certains ont été détruits. Beaucoup d'autres sont précieusement conservés au plus profond des tiroirs secrets des armoires bressanes. Tante Léonie a rapporté aussi de nombreux témoignages sur la Liberté car elle en vécut intensément la création. Dans la famille, on a conservé le souvenir de l'admiration affirmée souvent par tante Léonie pour le génie de Bartholdi et sa Liberté en rapportant chaque fois qu'elle tenait debout dans l'index de la statue. On se souvient aussi que tante Léonie était ce qu'il convenait d'appeler, une belle femme. Et naturellement, le chic parisien qu'elle avait pris, ne gâchait rien. » … « Et la question se pose tout naturellement de savoir si cette jeune bressane n'a pas été le ou un des modèles du statuaire pour la Liberté ? Car, sur ce point, le mystère persiste.

De son côté, Louis Genevaux se posait la question de savoir comment le couple avait pu obtenir les maquettes de certaines des œuvres majeures de Bartholdi :
« Quelle ne fut pas ma surprise et la stupéfaction. Dans tous ces plâtres je reconnus immédiatement l’œuvre de Bartholdi. Tout y était : la Liberté de new York, le Lion de Belfort, beaucoup d’autres œuvres que je connaissais, d’autres que je ne connaissais pas »…

Et le conseiller municipal de la mairie de Saillenard d’écrire :
« Il est très envisageable qu’elle (Léonie) ait pu être le ou l’un des modèles. »… « Dans une  petite ferme isolée d’un tout petit hameau de notre village vivait autrefois une parfaite inconnue que le monde entier, peut-être connaît. »

Aucune de ces déclarations n’a fait l’objet de démentis officiels de la part des familles concernées.

Nous essayons d’en savoir plus et, pourquoi pas, de proposer l’hypothèse d’une nouvelle piste concernant l’identité de la ou des personnes qui auraient pu poser pour la conception de la statue de la Liberté. Car n’oublions pas que le choix du modèle vivant, par son caractère personnel, sa relation à l’artiste, influence l’œuvre plastique.
koronin

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