Le hammam est le médecin de tous les maux…

Naissance du Hammam

Depuis plusieurs siècles, se jouant de toutes les significations symboliques de l’eau, les hommes ont assumé leur « sensualité primitive », en éprouvant un grand plaisir à s’immerger ou nager pour se délasser, puis à prolonger ces bienfaits par des ajouts d’huiles parfumées et des massages du monde. Plaisir lointain, le plaisir du bain s’est toujours partagé entre bain privé et bain public d’une part, entre bain d’immersion et bain de vapeur d’autre part. Selon les époques et les civilisations, l’un prit l’ascendant sur l’autre, révélant ainsi, à un moment donné, la nature des relations de l’eau avec le corps et des soins qu’on lui accorde. C’est pourquoi, jusqu’au XIXe siècle, les bains collectifs et publics furent presque toujours des bains de vapeur, « bains régénérant », qui nettoient le corps de l’intérieur et appelé avec le temps hammam.

La « recette » est simple, c’est pourquoi elle a si bien traversé le temps : sous une hutte, on creuse dans la terre un foyer ouvert dans lequel, sur un feu de résineux, on chauffe au rouge de grosses pierres de rivière pour produire de la chaleur. On y jette ensuite de l’eau pour dégager de la vapeur, et on s’installe…C’est un bain de vapeur sèche. Il se répandra lentement par quatre chemins principaux. Il arrive en Grèce autour du VIe siècle avant J.-C. où, associé à l’enceinte du gymnase, il donnera naissance aux thermes, par le nord, il gagnera la Russie et les pays scandinaves, descendra sur les Balkans et l’Allemagne au XIIIe siècle, au sud, enfin, il rejoint l’Asie Mineure. Là, dérivé de ce modèle et des thermes romains, les musulmans inventeront le bain de vapeur humide, le hammam, encore appelé bain maure ou bain turc. Il se répandra en Espagne avec l’invasion arabe (VIIIe siècle), puis en Europe grâce aux croisés (XIIIe siècle). Après la prise de Constantinople en 1453, les Turcs ottomans le transporteront à leur tour à travers les Balkans et la Hongrie.

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